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Chien domestique

Mis à jour le 29/04/2016

Temps de lecture estimé à 6 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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chien domestique
© Philippe Rouzet / CC BY NC ND 2.0 / Flickr
Tout ce qu'il faut savoir avant de prendre un chien

Sommaire.

  1. Chien domestique : introduction
  2. La néoténie chez le chien
  3. La notion d’empreinte chez le chien domestique

L’origine du chien nous amène à nous interroger sur son caractère domestique qui en fait un animal inégalé au niveau du règne animal. Ainsi, la domestication constitue la clé de la compréhension du chien et de sa relation avec l’homme.

Chien domestique : introduction

La domestication a marqué la naissance de notre chien moderne (il y a 12 à 15 000 ans). En éloignant le chien de son état sauvage originel, elle en a fait un animal à part. En effet, il n’existe plus d’ancêtre sauvage du chien, du moins en Europe, permettant d’en comparer les comportements. Ainsi, ce processus de domestication, des milliers d’années avant tout autre animal, a pu être étudié et révéler des éléments signifiants. Notamment, un biologiste soviétique, Dmitri Beliaïev (1917-1985), était un spécialiste de la domestication dont il a mis en évidence de nombreuses caractéristiques :

  • Il a mené une expérience de plus de 40 ans avec des renards, en croisant des sujets de moins en moins craintifs vis-à-vis de l’homme, sur plus de 10 générations.
  • Il a pu ainsi observer les modifications à différents niveaux que ce processus déclenchait. Chez le renard, les principales influences ont été :
    • une diminution importante du taux d’adrénaline qui prévaut chez les prédateurs sauvages pour leur survie (et non pas la testostérone) ;
    • des transformations au niveau de la couleur du pelage, de la forme de la queue, des mimiques et des comportements.

À partir de cette étude, les différences notables ont été regroupées sous l’appellation éthologique de néoténie, propre aux animaux domestiques. Ce phénomène pousse le chien à avoir les meilleures relations avec l’homme ; ne serait-ce que pour assurer sa pitance et sa sécurité dont ce dernier est en quelque sorte le garant. Les capacités d’éducation du chien peuvent alors être hors norme.

La néoténie chez le chien

Définition

D’une manière générale, la néoténie est la persistance de caractéristiques juvéniles (morphologiques, anatomiques, biologiques, comportementales) au stade adulte. En effet, un animal domestique n’ayant pratiquement plus besoin de se soucier de ses besoins vitaux (alimentation, reproduction, sécurité) va bloquer son évolution à de nombreux niveaux, devenant ainsi, par définition, un animal domestique. Dans notre cas, le chien moderne n’a plus rien à voir avec les chiens sauvages et plus encore les canidés sauvages. N’ayant plus trop à se soucier de ses besoins fondamentaux, il a évolué vers une forme très particulière de l’animal, où ses facultés initiales de prédateur carnivore sont amoindries.

Néoténie au niveau morphologique et anatomique

Le chien domestique a pu prendre des formes morphologiques totalement inadaptées à la prédation :

  • des faces rases comme chez les boxers ;
  • une dentition initiale réduite à 28 dents chez le chiot contre 32 chez le louveteau ;
  • des canines plus courtes ;
  • une puissance de la mâchoire amoindrie par rapport aux canidés sauvages (à poids égal) ;
  • des couleurs de robes et d’yeux variés, dans des tons inconnus des canidés.

Mais le plus important est sans doute l’os frontal bien moins développé qu’un canidé sauvage, diminuant notablement les facultés prédatrices du chien et ainsi l’ouïe, la vue et l’odorat.

chien domestique
© Philippe Rouzet / CC BY NC ND 2.0 / Flickr

Néoténie au niveau biologique

Si le chien est un mammifère terrestre prédateur et carnivore de l’ordre des canidés, avec ses exigences propres, il diffère au niveau biologique de tous ses cousins sauvages :

  • en premier lieu, au niveau de son alimentation :
    • l’assimilation et la fréquence des denrées (digestion deux fois et demie plus rapide que le loup) ;
    • la faible capacité du chien à pouvoir s’alimenter par lui-même (alors que le chat peut très bien survivre de sa propre chasse).
  • également, au niveau de la faculté de la chienne à produire 2 portées par an (unique chez les canidés et autres prédateurs sauvages), prouvant l’effet de la domestication (sécurité, alimentation).

Néoténie au niveau comportemental

L’os frontal ne terminant pas totalement sa croissance (développement du cerveau non abouti), des comportements juvéniles vont perdurer au-delà de l’âge adulte, tels que :

  • aboyer en remuant la queue ;
  • courir derrière une proie en aboyant ;
  • faire une demande de régurgitation (léchage des babines), etc.

En outre, les comportements sociaux entre chiens sont moins riches que chez le loup, moins accentués. Le jeu et les rapports virils entre adultes sont aussi plus juvéniles alors qu’ils sont beaucoup plus rares chez un animal sauvage de même âge. Par contre, la néoténie a permis au chien de développer :

  • une bien plus grande docilité ;
  • une relation particulièrement proche avec l’homme, devenant capable d’apprendre de lui.

La notion d’empreinte chez le chien domestique

L’empreinte chez le chien domestique fait écho à sa capacité unique d’apprendre de son maître.

Konrad Lorenz : père de la notion d’empreinte

Konrad Lorenz (1903-1989), l’un des pères fondateurs de l’éthologie moderne, a mis en évidence l’empreinte ou imprégnation. Un animal, à la naissance, va tendre à s’attacher au premier être qu’il rencontre, puis apprendre de lui, principalement par imitation. Or, le chien est allé au-delà de cette simple imprégnation, ayant développé une faculté hors norme, inégalée dans tout le règne animal (sauf peut-être le chat, mais à un moindre niveau) :

  • Il est capable de donner un sens tout autant aux comportements de ses congénères que de l’homme.
  • Et donc il peut apprendre (pas seulement obéir) de ceux-ci principalement par l’observation. C’est ce que l’on nomme la double empreinte.

La double empreinte

Si vous souriez de toutes vos dents ou fixez droit dans les yeux :

  • Un animal sauvage, primate ou autre : vous aurez toutes les chances de déclencher de sa part une agression au minimum vigoureuse. Car cet acte est juste interprété comme un défi.
  • Un chien : vous aurez toutes les chances qu’il remue la queue et vous lèche, même s’il ne vous connaît pas. À l’opposé, un autre chien qui lui montrera les dents sera bel et bien pris comme une menace.

En effet, le chien essaie de donner sens à nos émotions (peur, joie, colère, tristesse, etc.), auxquelles il va associer notre comportement (pleurs, raideur corporelle, cris, mimiques, etc.). Il n’a même besoin d’aucun apprentissage pour cela, c’est inné chez lui :

  • De là, il va pouvoir décoder tout un ensemble de nos comportements, devenant des sortes de signaux pour lui (par exemple, associer nous voir mettre nos chaussures et la promenade).
  • Puis, il va produire des comportements spécifiques en réponse à ces signaux.

C’est pourquoi il est très facile pour un chien de pouvoir changer de famille (adoption) dès lors qu’on lui permet de se familiariser avec nos émotions et nos signaux. Par exemple, le professeur Hubert Montagner développe ce fait dans L’animal familier et l’homme, programmés pour se rencontrer. Le chien et le chat seraient d’ailleurs les 2 seuls animaux capables d’acquérir les modes de communication de leur espèce, mais aussi ceux des humains. Le résultat est une sorte de dualité de comportement : ils ont une conduite propre à leur espèce et une conduite adaptée à la relation avec l’homme.

Bon à savoir : une multitude d’études scientifiques attestent de ce phénomène, dont celles des Américains J.P Scott (1962 et 1980), J.L. Fuller (1967) ou D.G. Freedman pour le chien, et E. Karsh-D.C. Turner (1987) pour le chat.

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