La myosite des muscles masticateurs est une pathologie conséquente d’un dysfonctionnement du système immunitaire. Il s’agit d’une maladie assez grave, puisqu’elle touche à la mâchoire du chien, et peut donc l’empêcher de s’alimenter. Dès lors, il est important de bien se renseigner sur la myosite des muscles masticateurs du chien, pour savoir comment la repérer et comment la traiter.
Qu’est-ce que la myosite des muscles masticateurs ?
Comme son nom l’indique, la myosite des muscles masticateurs est une maladie qui touche, entre autres, les muscles dédiés à la mastication du chien. À terme, cette pathologie peut empêcher un chien de mâcher ou d’ouvrir la mâchoire, et donc de se nourrir.
Aussi appelée myosite éosinophilique des muscles masticateurs (MEMM), cette pathologie est la conséquence d’un dérèglement du système immunitaire.
Lorsqu’un chien est touché par cette maladie, ses anticorps s’attaquent aux fibres musculaires qui composent les muscles masticateurs. Ce trouble de santé est donc la conséquence d’une maladie auto-immune chez le chien.
Sans aucune prise en charge vétérinaire, un chien atteint de MEMM ne peut, tout simplement, plus ouvrir la gueule.
Causes de la myosite des muscles masticateurs
Comment se transmet la myosite éosinophilique des muscles masticateurs (MEMM) ?
Il faut savoir que cette maladie du chien est encore assez méconnue. À ce jour, on ne sait pas exactement comment se transmet la myosite des muscles masticateurs.
Malgré tout, les chercheurs ont identifié différentes races prédisposées à la maladie.
On peut donc distinguer deux modes de transmission :
- La forme innée : la myosite éosinophilique des muscles masticateurs est une maladie considérée comme héréditaire chez les races prédisposées. Cette maladie auto-immune peut donc toucher le chien dès sa naissance si ses parents sont eux-mêmes touchés.
- La forme acquise : certains chiens de races non prédisposées peuvent également contracter cette maladie. La cause de transmission est alors inconnue.
Comme toute maladie potentiellement héréditaire, il est important de toujours faire diagnostiquer votre chien s’il appartient aux races prédisposées.
Quels sont les chiens prédisposés à cette maladie ?
Sous sa forme innée, la MEMM touche essentiellement deux races :
- Le Cavalier King Charles Spaniel : chez cette race, on parle de myosite atypique des muscles masticateurs.
- Le Berger allemand.
D’autres races de chien peuvent cependant être touchées. On considère que la maladie concerne avant tout les chiens de grande taille, sans distinction de sexe.
On a notamment vu des cas de myosite des muscles de la mastication chez le Berger belge, le Boxer ou encore le Golden retriever.
Symptômes de la myosite des muscles masticateurs
Il est important de reconnaître rapidement les symptômes de la MEMM. Et pour cause, un chien atteint par cette pathologie risque tout bonnement de ne plus être en mesure de s’alimenter.
Différents signes peuvent vous informer que votre chien est victime de la myosite des muscles masticateurs. Les symptômes vont dépendre de la forme qui touche votre chien :
- Sous sa forme chronique : la maladie entraîne un gonflement des muscles de mastication, mais aussi un gonflement de l’œil. Le nerf optique peut être touché. Le chien est dans un état de souffrance important. Il a de la fièvre et refuse de s’alimenter.
- Sous sa forme aiguë : la maladie est plus insidieuse. Elle se traduit par différents épisodes au cours desquels les muscles de la mâchoire gonflent. Les muscles masticateurs perdent alors progressivement de leur usage, jusqu’à ce que le chien soit incapable d’ouvrir la gueule.
Dans les deux cas, des douleurs au niveau de la mâchoire, une difficulté à ouvrir la gueule entièrement ou des gémissements durant la mastication peuvent être des signes de la maladie.
Ces différents symptômes apparaissent généralement à l’âge adulte, mis à part pour le Cavalier King Charles Spaniel, qui peut être victime d’une forme juvénile (à partir de 10 semaines).
Diagnostic et traitement de la myosite des muscles masticateurs
Il est évident que la MEMM est une véritable urgence vétérinaire. Et pour cause, il s’agit d’une maladie à la fois très douloureuse pour le chien, mais aussi extrêmement invalidante.
En conséquence, si un chien atteint de myosite des muscles masticateurs n’est pas pris en charge, sa vie est clairement en danger.
Diagnostiquer la myosite
Une fois le chien pris en charge par un vétérinaire, la première étape va consister à diagnostiquer la myosite des muscles masticateurs.
Le diagnostic est réalisé grâce à un examen clinique, suivi d’une biopsie musculaire et d’un dosage des anticorps.
Le système immunitaire d’un chien atteint de MMEM produit des anticorps qui attaquent les fibres 2M des muscles masticateurs, et qui sont facilement identifiables.
Traiter la MEMM
Une fois la maladie diagnostiquée, il est important de traiter rapidement l’animal.
Pour traiter une myosite des muscles masticateurs, on utilise à la fois des corticoïdes et des immunosuppresseurs. L’ensemble permet de réguler l’action du système immunitaire et doit permettre au chien d’ouvrir à nouveau la mâchoire.
Dans les cas les plus graves, l’animal peut être gardé en observation, et placé sous tubes de nutrition s’il ne parvient plus à s’alimenter.
Le traitement de la MMEM doit être administré à vie, et peut nécessiter des consultations vétérinaires régulières. Le pronostic reste cependant très encourageant pour peu que le diagnostic de la maladie soit effectué rapidement.
Malheureusement, le pronostic reste très réservé si le traitement n’a pas pu être mis en place assez vite.