Certains chiens ont à longueur de journée des filets de bave qui pendent. D’autres ne bavent que dans certaines circonstances ou épisodiquement. Qu’est-ce que cela signifie ? Faut-il s’en inquiéter ?
Le point maintenant.
Rôles de la bave chez le chien
Ce que l’on appelle bave ou salive chez le chien est en fait un mucus, c’est-à-dire un corps gras qui sert principalement à ingérer des aliments comme des lambeaux de chair ou des os. Il en facilite l’ingestion en lubrifiant le passage, de la gueule jusqu’à l’estomac.
Mais ce mucus participe aussi à un phénomène important commun aux mammifères : l’homéothermie, c’est-à-dire le fait de devoir conserver et réguler une température interne constante. Chez le chien, cette température est d’environ 38,5°C.
L’alimentation, l’hydratation, la salivation, la sudation sont des phénomènes typiques de cette régulation interne. Mais, chez le chien, la sudation est très faible, juste un peu au niveau des coussinets.
Ainsi, de fortes chaleurs, trop peu de ventilation, une température trop importante (chauffage), une grande activité physique, de la fièvre, sont autant de facteurs propices à déclencher une salivation abondante pour compenser le manque de sudation.
Chiens qui bavent : impact de la morphologie
Est-ce que certaines races de chien, comme les boxers et les dogues allemands bavent plus que d’autres ? En tout cas, ce phénomène est plus apparent chez certains chiens.
En effet, certaines races de chien retiennent et ingèrent la majorité de leur salive, tandis que d’autres ont plus de difficultés à cause de la configuration morphologique de leur gueule. En revanche, les facteurs qui vont les faire plus ou moins saliver sont les mêmes, communs à tous les chiens.
Chien qui bave plus que d’ordinaire causes
Il existe plusieurs raisons pour qu’un chien se mette à saliver abondamment.
Signe d’une pathologie
Toutes les maladies susceptibles d’entraîner une poussée de fièvre (augmentation de la température interne) sont de nature à faire produire une salivation plus abondante.
C’est aussi le cas des maladies qui vont plus particulièrement toucher la cavité buccale, sans forcément causer une augmentation de la température :
- développement bactérien (plaque dentaire) ;
- problème aux dents ou aux gencives (gingivite par exemple) ;
- problème à la langue (lésions, brûlures, dysfonctionnement des papilles gustatives).
Parfois, des corps étrangers comme des fils ou des poils, ou des débris alimentaires (comme de la poudre de croquettes), vont stagner sous la langue. Le chien va alors tenter de les déloger en salivant abondamment. Mais, comme le mucus est un corps gras, il va plutôt tendre à les maintenir en place, les coller.
Une augmentation du rythme cardiaque (excitations) ou des problèmes cardio-vasculaires sont aussi des facteurs pouvant favoriser une salivation inhabituelle. De même que certaines atteintes du système nerveux comme l’épilepsie.
Réflexe de Pavlov
Bien connu pour ses travaux sur le conditionnement répondant, et sa célèbre expérience clochette/salivation, Ivan Pavlov a su déclencher une salivation sur commande.
En présence de nourriture, le chien a tendance à saliver naturellement, baver, surtout s’il doit attendre. De bonnes odeurs provenant parfois de fort loin sont donc de nature à provoquer une salivation. Mais il peut tout autant s’être conditionné à saliver sur des stimuli tout autres. C’est plus particulièrement le cas avec des chiens éduqués/dressés avec des friandises, qui peuvent très bien associer certains ordres, situations ou postures avec le « souvenir » d’une friandise, et produire une salivation.
Signe d’excitation
La présence d’une chienne en chaleur à proximité va produire, chez les mâles, une augmentation du taux de testostérone, les rendant plus agités. D’où une élévation de la température interne et donc une probabilité de salivation plus importante.
Mais les chiennes aussi salivent parfois sans raison apparente. Des odeurs « chimiques », comme certaines phéromones, peuvent entraîner un état d’excitation qui peut tout simplement être de l’inquiétude, sans forcément induire une agitation visible, et faire saliver.
De plus, certaines situations (le départ en promenade ou l’approche de l’heure du repas par exemple) peuvent très bien produire cette excitation propice à déclencher une salivation soudaine et abondante. De même que des situations anxiogènes (solitude, inquiétude, insécurité, incompréhension, etc.).
Enfin, des os à mâcher ou des jouets sur lesquels le chien va « s’agacer » ont tendance à produire le même effet qu’un repas : production du mucus pour l’ingestion. Le chien peut en avoir besoin ponctuellement pour faire baisser ses tensions (agression redirigée) ; mais, en règle générale, ce n’est pas une excellente idée que de favoriser cette mastication, pas même pour « limiter » la plaque dentaire. Ce n’est pas un comportement alimentaire naturel pour le chien.
Signe d’une intoxication
Avec sa fâcheuse habitude à vouloir lécher ou « goûter » un peu tout, le chien est très vulnérable aux produits toxiques. Une intoxication peut aussi bien être de nature environnementale (pesticides, insecticides, désherbants, déchets toxiques, etc.) que se produire en réaction à un simple composé chimique contenu dans un nettoyant de sols ou un désodorisant.
Il peut alors être très difficile de savoir ce qu’il a bien pu ingérer et quand.
Symptôme de la rage
Si la vaccination contre la rage n’est pas obligatoire partout, elle est pourtant vivement conseillée. Cette maladie peut apparaître soudainement, n’importe où, et un chien contaminé est un chien condamné. Sans compter que 15 % des cas de rage chez l’homme ont été transmis par des chiens (50 % par des herbivores domestiques, 23 % par des chats, et 12 % seulement par des animaux sauvages).
Un chien qui mangerait une charogne peut dans un premier temps présenter quasiment les mêmes symptômes que la rage, car l’animal mort peut être porteur d’un virus, de microbes, ou contaminé par un produit toxique. Si le chien n’est pas vacciné, le diagnostic peut être difficile à poser, ce qui va retarder la découverte de la cause réelle, et donc l’administration du traitement adapté.
Que faire si votre chien bave plus que d’habitude ?
Un chien qui salive, c’est normal et naturel dans la grande majorité des cas. Ce qui peut l’être beaucoup moins, c’est se mettre à baver abondamment et soudainement. Dans ce cas, le premier réflexe est de prendre la température de votre chien :
- Entre 38,5°C et 39,5°C, reprenez-la 30 minutes à 1 heure plus tard, en laissant le chien au calme avec de l’eau fraîche à disposition. Si sa température est revenue à la normale, il s’agissait probablement juste d’un état d’excitation passager. Surveillez quand même votre chien durant 24 heures.
- Au-delà, ou si la température persiste, même à 39°C, ne tardez pas à consulter un vétérinaire.
Il est aussi intéressant de faire vous-même un examen visuel de la cavité buccale qui pourrait indiquer une anomalie à ce niveau (corps étrangers, inflammation, lésion, langue gonflée, etc.). Si rien n’est visible, une consultation vétérinaire peut s’avérer nécessaire.
Enfin, assurez-vous que le rythme cardiaque de votre chien n’est pas trop élevé ou irrégulier. Et qu’il revient à la normale une fois au calme.
Si la salivation tend à apparaître à intervalles réguliers, ou dans des situations que vous avez du mal à comprendre, votre chien peut avoir besoin d’un « déconditionnement », afin de lui faire dissocier la salivation d’avec la situation qui la produit. Un comportementaliste peut vous y aider et vous conseiller sur la meilleure façon de procéder.
Pour en savoir plus :
- Plus d’infos sur la maladie de la rage dans notre page dédiée.
- Attention au coup de chaleur chez un chien : c’est une urgence sérieuse.
- Mon chien respire rapidement : comment réagir ?
- Dans quels cas faire appel à un comportementaliste canin ?