Mon chien pleure, que faire ?

Mon chien pleure, que faire ?

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Les voisins se plaignent que votre chien pleure dès que vous quittez la maison ? Le chiot qui vient d'intégrer la famille geint à longueur de journée, ce qui vous déchire le cœur ? Le langage canin n'étant pas toujours immédiatement compréhensible, voici des conseils pour savoir quoi faire avec un chien qui pleure.

Zoom sur les mécanismes des pleurs chez le chien

Chez le chien, les pleurs constituent un appel de détresse généré par la séparation d'avec la mère et, par extension, ses figures d'attachement social. C'est ce qu'explique Jaak Panksepp dans son ouvrage Affective Neuroscience: The Foundations of Human and Animal Emotions (en français « Neurosciences affectives : les fondations des émotions chez l'homme et l'animal »), paru en 1998.

Le chercheur décrit cette détresse comme l'une des sept émotions primaires des mammifères. Différente de la peur, elle consiste plutôt en une évolution des mécanismes liés à la douleur. 

Les pleurs sont ainsi : 

  • une réponse comportementale réflexe à une émotion de panique causée par une séparation ou une perte ;
  • une réponse adaptative nécessaire à la survie de l'espèce ;
  • un appel de détresse causé par une douleur émotionnelle réelle.

En répondant de façon appropriée aux besoins de votre chien, vous résoudrez le problème de ses pleurs.

Cas 1 : Votre chiot pleure

Vous venez d'avoir un chiot. Mais au lieu de le voir courir et renifler partout, vous constatez qu'il est tout triste ou gémit.

Comprenez sa détresse

Cette réaction est tout à fait normale si l'animal vient juste d'intégrer votre maisonnée : hier encore, il baignait dans la chaleur et les odeurs réconfortantes de sa mère et de ses frères et sœurs. Le voilà maintenant envahi par des odeurs, des sons nouveaux qui lui paraissent effrayants. Il ne connaît pas encore les mains qui le touchent, ni les visages qui se penchent vers lui.

Réconfortez-le

Le chien est un être social, qui a besoin d'une stabilité émotionnelle. La transition entre son ancien foyer et son nouveau maître se fera en douceur si vous respectez quelques points.

  • Commencez par lui offrir un endroit où il pourra se retirer, se sentir en sécurité.
  • Donnez-lui, si vous le pouvez, un élément qui était présent dans sa précédente litière pour qu'il retrouve des odeurs familières.

À savoir : si le chiot n'est pas encore arrivé chez vous, demandez à l'éleveur de placer l'une de vos couvertures dans sa litière ; vous la récupérerez en même temps que le chiot. Une fois chez vous, ce dernier sentira des odeurs qui lui sont déjà familières.

  • Prodiguez-lui de l'amour ; les sécrétions d'ocytocine qui en résultent constituent un excellent antidote aux pleurs.
  • Dans les premiers temps, permettez-lui aussi de vous rejoindre dans votre lit ; vous l'habituerez ensuite progressivement à dormir seul.

Conseil : si votre chiot ne supporte pas de dormir seul, installez-le confortablement au pied de votre lit ; vous pouvez également le mettre dans une autre pièce, séparée par une barrière de bébé, ce qui lui permettra de sentir votre présence même de loin.

Cas 2 : Votre chien pleure

Lorsqu'un chien adulte pleure, ce peut être tout simplement parce qu'il a soif ou faim. Ou encore qu'il ne supporte pas de vous voir partir.

Vérifiez que ses besoins de base sont comblés

Avant tout, il faut que votre chien :

  • dispose d'une alimentation adéquate et d'une quantité d'eau fraîche suffisante ;
  • ait un endroit protégé où il peut dormir confortablement et en sécurité.

Ensuite :

  • offrez-lui un environnement stimulant et un niveau d'activité physique et intellectuelle suffisant ;
  • assurez-vous également qu'il ne souffre pas d'un inconfort physique, en consultant au besoin un vétérinaire.

Construisez une relation de confiance

Rappelez-vous que le chien est un être social.

  • Il a besoin de recevoir et de donner de l'amour.
  • Veillez à établir avec votre animal une relation basée sur la confiance, et à le guider de façon bienveillante.
  • Permettez-lui d'exprimer ses désirs au travers de comportements que vous récompenserez si vous les aimez. Vous l'aiderez ainsi à vivre par lui-même !

Prévenez la détresse causée par votre absence

Quand vous le laissez seul, votre chien peut manifester sa détresse par des aboiements. Il peut aussi réagir par des souillures ou avoir une attitude destructrice.

Ces comportements collatéraux ne sont pas le signe d'une vengeance. Malgré tout, pour les faire cesser au plus vite, voici quelques idées pratiques qui vous aideront à retrouver la paix.

  • Mettez en scène des départs sans les ritualiser :
    • revenez après de réelles absences de courte durée (ne restez pas derrière la porte !) ;
    • progressivement, augmentez la durée de façon aléatoire, d'abord de 2 minutes, puis de 5 minutes, de 3 minutes, puis de 20, puis de 10 minutes, voire jusqu'à 1 heure.
  • Changez l'association et la perception des stimulus déclencheurs :
    • par exemple, prenez vos clés de maison et jouez avec votre chien à l'intérieur ;
    • ou enfilez votre manteau et asseyez-vous dans le divan pour le cajoler ;
    • remettez vos clés ou votre manteau à leurs places respectives sans sortir.
  • Laissez-lui à portée de dents un jouet fourré et congelé (de type Kong®), qui constitue une activité masticatoire apaisante pour lui en votre absence.

Conseil : pensez à le lui proposer aussi lorsque vous restez à la maison, afin qu'il n'associe pas le jouet à votre absence.

  • Avant de partir, favorisez le calme et la relaxation : les activités physiques excitantes ont tendance à produire de l'adrénaline, qui accroît la détresse de la séparation.

À noter : la présence d'un congénère émotionnellement stable pourra être envisagée dans certaines circonstances.

  • Vous pouvez également habituer votre chien à la cage ; si elle devient un refuge pour lui, elle peut être un outil efficace pour réduire les dommages causés par les comportements de destruction par exemple.

Consultez un vétérinaire comportementaliste si les pleurs persistent

La détresse émotionnelle d'un chien est un état sérieux. Si les pleurs de votre animal persistent, voire s'intensifient, consultez un comportementaliste. Ensemble, vous déterminerez un plan d'actions selon le contexte.

Si nécessaire, le vétérinaire prescrira l'administration d'une molécule chimique conjointement à la thérapie comportementale.

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