Le système nerveux central, composé du cerveau et la moelle épinière, est recouvert d’une membrane : les méninges. Cette membrane peut s’inflammer ; on parle alors de méningite. Souvent chez le chien, l’atteinte des méninges s’accompagne d’une inflammation du cerveau (encéphalite), l’animal souffre alors d’une méningoencéphalite, ou méningoencéphalomyélite. Malgré son nom barbare, le pronostic de cette affection est souvent bon. Voyons un peu plus en détail ce qu’est la méningite chez le chien.
Méningite chez le chien : définition et caractéristiques
Classiquement, on distingue deux types de méningites :
- Les méningites infectieuses : elles sont provoquées par des agents infectieux (bactéries, virus, champignons, parasites) mais restent heureusement très rares en France.
- Les méningites aseptiques : elles sont provoquées par un trouble du système immunitaire et peuvent être traitées à base de corticoïdes.
Les méningites infectieuses sont rares car le système nerveux central (SNC) est protégé par une barrière (la barrrière hémato-méningée) qui empêche les substances circulant dans le sang, et donc les agents infectieux, de passer dans le cerveau. Néanmoins, la méningite infectieuse peut se développer lorsque cette barrière s’abîme, par exemple lors d’un choc traumatique au niveau de la tête, ou lorsque le foyer infectieux est proche du SNC (otite interne, sinusite, plaie de morsure sur le crâne, etc.).
Méningite chez le chien : symptômes
Les signes cliniques les plus fréquents lors de méningite sont les suivants :
- de la fièvre ;
- une cervicalgie (douleur lors de la mobilisation du cou) ;
- une démarche raide ;
- des difficultés à s’alimenter ;
- une paralysie des membres ou de la face ;
- une perte de l’équilibre (ataxie) ;
- des crises convulsives ;
- un coma (dans les cas les plus graves).
Méningite chez le chien : diagnostic
Le vétérinaire pourra avoir une suspicion de méningite lors de l’examen clinique et neurologique du chien, mais le diagnostic de certitude passe par la réalisation d’une ponction de liquide céphalo-rachidien (LCR), sous anesthésie. Cet examen permet de différencier les deux types de méningites mentionnés précédemment. C’est essentiel car leur traitement est radicalement opposé.
L’analyse du LCR démontre une augmentation marquée des globules blancs, principalement des neutrophiles. Une culture du LCR est effectuée afin d’identifier un éventuel agent infectieux. On effectue également une prise de sang pour rechercher la présence d’agents infectieux transmis par les tiques (piroplasmose, ehrlichiose…) dans le sang.
Méningite chez le chien : traitement
Le traitement dépend du type de méningite.
Dans les cas de méningite aseptique, le traitement se base sur l’administration d’immunosuppresseurs : corticostéroïdes dans un premier temps, azathioprime en cas d’échec. Ce type de méningite est de bon pronostic chez le chien, et les récidives sont assez rares. Pour une raison inexpliquée, les chiens bouvier bernois se remettent moins bien de cette affection que les chiens d’une autre race.
Dans les cas de méningites infectieuses, s’il s’agit de méningites bactériennes, elles sont rarissimes mais souvent mortelles en moins de 48 heures ; les méningites dues à des champignons, quant à elles, peuvent être traitées à l’aide d’une molécule antifongique.
Le traitement peut s’accompagner de soins apportés en soutien : fluidothérapie (pour la réhydratation), molécules anti-convulsivantes ou encore anti-douleurs.