Un mécanisme redoutable dissimulé dans les herbes
L’épillet est un épi de graminée qui se détache en été et s’accroche facilement au pelage des chiens lors des promenades. Sa particularité ? Une structure en forme de harpon qui lui permet de progresser dans une seule direction à l’intérieur des tissus. Une fois logé dans l’organisme, il ne peut pas ressortir seul : il s’enfonce, millimètre par millimètre, jusqu’à atteindre des zones profondes.
Les points d’entrée sont nombreux : la peau, les oreilles, le nez, les yeux ou encore l’espace entre les doigts. Et les conséquences peuvent être sévères. Comme l’indiquent les vétérinaires, les épillets constituent une urgence vétérinaire, et dans les cas les plus graves, cela peut aller jusqu’à perforer des organes.
De juin à septembre, le risque est à son maximum
La saison estivale est de loin la plus dangereuse. Plus de 90 % des cas d’épillets chez le chien surviennent entre juin et septembre, période durant laquelle les graminées sont sèches et leurs épis particulièrement friables.
Tous les chiens sont concernés, mais certains profils sont davantage exposés : les chiens à poils longs, frisés ou à oreilles tombantes retiennent plus facilement ces petits projectiles végétaux dans leur pelage, ce qui augmente le risque d’incrustration. À noter que le blé et l’épeautre ne possèdent généralement pas d’épillets, contrairement à de nombreuses graminées sauvages présentes en bord de chemin, dans les champs ou les zones herbeuses.
Les signes qui doivent alerter
L’épillet est difficile à repérer une fois enfoncé, mais plusieurs signaux doivent mettre la puce à l’oreille :
- Secouements répétés de la tête ou grattage intense d’une oreille (épillet auriculaire)
- Éternuements violents et persistants (épillet nasal)
- Léchage ou boiterie sur une patte, souvent accompagnés d’un petit orifice entre les doigts
- Rougeur ou larmoiement d’un œil
- Abcès ou gonflement localisé sans cause apparente
Face à l’un de ces symptômes, la consultation vétérinaire ne doit pas être différée. L’extraction nécessite le plus souvent l’intervention d’un professionnel, car tenter de retirer soi-même un épillet déjà migré risque de l’enfoncer davantage ou de le fragmenter.
L’inspection après chaque promenade, geste clé de la prévention
La meilleure arme reste la vigilance. Une inspection minutieuse du chien après chaque sortie en zone herbeuse est recommandée : pelage, espaces interdigitaux, pavillons des oreilles, contour des yeux et des narines. Passer les doigts dans le poil, zone par zone, permet de détecter un épillet avant qu’il ne pénètre la peau.
Pour les chiens à poils longs, une tonte estivale, notamment des zones les plus exposées comme les pattes et les oreilles, peut réduire les risques d’accrochage. L’été, mieux vaut aussi éviter de laisser son chien s’aventurer dans les herbes hautes et sèches sans surveillance.
L’épillet ne fait pas de bruit, ne saigne pas, et passe inaperçu. C’est précisément ce qui en fait un danger à prendre au sérieux dès les premières chaleurs.