Il est parfois difficile de reconnaître l’hypothyroïdie chez le chien. Pourtant, c’est la maladie hormonale la plus fréquente chez le chien ! Peu spécifiques, les symptômes de l’hypothyroïdie varient d’un animal à l’autre : nous allons nous intéresser spécifiquement à cette maladie qui touche notamment les chiens.
Hypothyroïdie chien : qu’est-ce que la thyroïde ?
La thyroïde est une glande située dans le cou qui produit les hormones thyroïdiennes.
Ces hormones jouent de très nombreux rôles dans le règne animal. Elles permettent notamment aux amphibiens de faire leur métamorphose, soit de passer du stade tétard au stade grenouille.
Elles interviennent également dans la croissance des os, dans le développement du système nerveux central ou encore dans la régulation de la température du corps. Bref, elles sont indispensables !
On parle d’hypothyroïdie quand la concentration des hormones thyroïdiennes dans le sang est trop basse. C’est la maladie hormonale la plus fréquente chez le chien.
Les symptômes de l’hypothyroïdie chez le chien
Il est parfois difficile de reconnaître l’hypothyroïdie chez le chien. Comme les hormones thyroïdiennes influent sur de nombreux organes, les symptômes de l’hypothyroïdie sont peu spécifiques et assez variables d’un animal à l’autre.
Les principaux symptômes présentés par les chiens hypothyroïdiens sont les suivants :
- un métabolisme qui fonctionne « au ralenti » : les chiens sont fatigués et apathiques ;
- un surpoids voire de l’obésité : ils ont d’ailleurs tendance à prendre du poids, sans forcément manger plus qu’avant ;
- des problèmes cutanés : la peau est grasse, les surinfections bactériennes fréquentes (on parle de pyodermites) et les chiens peuvent perdre leurs poils des deux côtés des flancs ;
- une baisse de la fertilité chez les chiens reproducteurs ;
- des troubles de la motilité de l’œsophage, qui ne parvient plus à se contracter correctement. Cela se manifeste par des régurgitations.
Plus rarement, l’hypothyroïdie est congénitale ; les chiots sont atteints dès la naissance. Dans ce cas, les chiots ne se développent pas correctement : ils ont un retard cérébral (ils ne connaissent pas leur nom et n’apprennent pas les ordres) et restent d’une taille inférieure à la normale (nanisme).
Le diagnostic de l’hypothyroïdie chez le chien
Au cours d’une consultation annuelle chez un chien senior
Il est de plus en plus courant de proposer aux propriétaires de faire un bilan sanguin tous les ans, lorsqu’ils atteignent un âge dit « senior » - soit vers 7/8 ans même si cela varie selon les races.
La mesure des hormones thyroïdiennes dans le sang se fait dans le cadre de ce bilan et permet de détecter précocement la maladie, avant même l’apparition des symptômes.
Lorsque le chien présente des symptômes compatibles avec l’hypothyroïdie
Si le chien présente un tableau clinique compatible avec l’hypothyroïdie, le vétérinaire vous proposera un bilan sanguin afin de confirmer sa suspicion.
Il est recommandé de faire deux prises de sang, au minimum à 45 minutes d’intervalles pour être sûr du diagnostic.
Certaines cliniques sont équipées d’un appareil qui peut mesurer les hormones thyroïdiennes (la T4) dans un échantillon de sang. Vous aurez donc le résultat en quelques heures.
Si votre vétérinaire n’a pas cet équipement, il enverra le prélèvement à un laboratoire qui fera l’analyse. Dans ce cas, les résultats vous sont communiqués en quelques jours.
Le traitement de l’hypothyroïdie
Les chiens hypothyroïdiens reçoivent des hormones thyroïdiennes afin de compenser leur déficit : il s’agit de la lévothyroxine, dont la molécule est disponible dans un médicament à usage vétérinaire (le Forthyron® ) ou en médecine humaine (le Levothyrox® ).
Le suivi de l’hyperthyroïdie du chien
Si votre chien souffre d’hypothyroïdie et qu’il est sous traitement, il est nécessaire de faire un suivi au bout de 4 à 6 semaines de traitement. Votre vétérinaire vous donnera un rendez-vous à jeûn, sans donner le médicament à votre animal, pour une prise de sang et un dosage de la T4. Ensuite, le chien reçoit le médicament, puis son repas. Après quatre à six heures, on recommence la prise de sang. Le but est de contrôler que la posologie du médicament est la bonne.
Par la suite, la fonction thyroïdienne est contrôlée tous les six à douze mois.