Une évacuation express dans un contexte hors norme
Le feu, déclaré samedi 4 juillet vers 19h30 à Trévillach, a pris une ampleur exceptionnelle en quelques heures. Selon la préfecture des Pyrénées-Orientales, les flammes avaient parcouru 4 500 hectares dimanche soir, et près de 10 000 habitants de 26 communes ont été invités à évacuer. Ille-sur-Têt figure parmi les communes les plus exposées, avec Rodès et Bouleternère, où les pompiers ont concentré leurs moyens de défense.
Dans ce chaos, le refuge de l’ASAAP, installé sur trois hectares aux abords de la commune, n’a eu que quelques heures pour organiser le départ de ses pensionnaires. Sortir 32 chiens de leurs box en pleine nuit, les mettre en caisse, trouver des véhicules et des destinations sûres : une opération que peu de structures anticipent vraiment, et que les bénévoles ont menée dans l’odeur de fumée et la lueur orange du feu sur les crêtes.
La solidarité locale a fait le reste
Très vite, l’appel à l’aide a circulé sur les réseaux sociaux, et les réponses ont afflué. Des habitants du secteur ont proposé de véhiculer les animaux, d’autres d’accueillir temporairement un ou plusieurs chiens le temps que la menace s’éloigne. Des dons de croquettes, de couvertures et de matériel ont suivi, dans le même élan que celui observé pour les habitants évacués, hébergés dans les salles communales de Thuir, Canohès ou Ille-sur-Têt.
Cette mobilisation illustre une réalité que connaissent bien les associations : en cas de catastrophe, les refuges dépendent presque entièrement des particuliers. Familles d’accueil temporaires, transporteurs bénévoles, donateurs, chacun devient un maillon d’une chaîne qui se monte en quelques heures. Pour un refuge qui fonctionne déjà à saturation en temps normal, comme la plupart des structures du département, cet appui fait la différence entre une évacuation réussie et un drame.
Et si votre propre chien devait être évacué ?
L’épisode rappelle une question que beaucoup de propriétaires ne se posent jamais : que feriez-vous de votre chien si vous deviez quitter votre maison en dix minutes ? Une caisse de transport accessible, une laisse près de la porte, les documents d’identification et le carnet de santé regroupés, une petite réserve de croquettes : ces préparatifs prennent une heure et changent tout le jour où l’alerte sonne. Dans les zones exposées aux feux de forêt, ils devraient faire partie de la routine estivale au même titre que le débroussaillage.
Les chiens du refuge d’Ille-sur-Têt sont en sécurité. Pour les aider à retrouver leurs box, puis une vraie famille, l’ASAAP aura besoin de bras et de soutien dans les semaines qui viennent.
Source : L’Indépendant